Kevin W. présenté à la justice
Rattrapé moins de 24 heures après sa fuite, Kevin W., 32 ans, a été placé en garde à vue. Selon le parquet de Dijon, il sera présenté ce dimanche matin à deux juges d’instruction dans le cadre d’une information judiciaire pour « évasions en bande organisée, complicité d’évasions en bande organisée et association de malfaiteurs ». Le procureur de la République, Olivier Caracotch, a requis sa mise en examen et son placement en détention provisoire.
Déjà en détention provisoire à Dijon pour « violences conjugales ayant entraîné un handicap permanent », Kevin W. avait scié les barreaux de sa cellule dans la nuit du 26 au 27 novembre avec l’aide probable de drones ayant livré les lames de scie. Avec un codétenu, il a ensuite escaladé le mur de la prison en utilisant des draps pour neutraliser des fils de lames de rasoir, avant de sortir par le porche ouvert le matin pour le personnel.
Une arrestation au café
Le lendemain de cette évasion spectaculaire, Kevin W. a été repéré par la BRI en Saône-et-Loire dans un bar-PMU à Bey, près de Chalon-sur-Saône. Selon le gérant Ramdane Mamou, le fugitif a commandé un café et un paquet de cigarettes, payé par carte et lu tranquillement le journal. Quelques minutes plus tard, des policiers en civil l’ont interpellé au moment où il s’apprêtait à régler sa note.
Deux personnes de son entourage ont également été arrêtées. L’homme de 22 ans a rapidement été mis hors de cause, tandis que la femme de 25 ans sera présentée aux juges pour une possible mise en examen. Elle reconnaît avoir pris en charge deux individus à Dijon le matin du 27 novembre, sans savoir qu’ils étaient en fuite. Des drones ont été découverts lors de la perquisition à son domicile, mais elle conteste leur utilisation pour livrer des outils à la prison.
Yanik T. toujours en cavale
Le second détenu, Yanik T., 19 ans, reste introuvable. Placé en détention provisoire pour tentative d’assassinat et association de malfaiteurs, il est soupçonné d’avoir participé à un règlement de comptes lié au narcotrafic à Montbéliard en octobre 2024. Avec deux complices, il s’était présenté devant le domicile d’une victime avec une kalachnikov. Compte tenu de son lourd casier judiciaire, le procureur de Montbéliard, Paul-Edouard Lallois, le considère comme « potentiellement dangereux ».
Avec Affairage.ci